Atelier sur « ripostes contre l’extrême droite » à l’UE de Dijon

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Je souhaiterais débuter mon propos sur le national populisme et le Front National par le récit d’un déplacement que j’ai effectué l’année dernière à Béziers.

Robert Ménard, maire de Béziers, connu pour ses coups médiatiques, avait multiplié les attaques contre les réfugiés et nos compatriotes musulmans.

Nous avions alors tenu une réunion avec les associations de défense des Droits de l’Homme et une autre avec une famille de réfugiés syriens, en présence des militants du Parti Socialiste.

Enfin, je m’étais rendue à une manifestation de soutien à celles et ceux qui font l’objet d’attaques injurieuses de la part de Robert Ménard. A la fin de la manifestation, j’avais pris la parole pour dénoncer l’image rétrécie et rance d’un maire élu par le Front National.

J’ai alors pu rappeler ses méthodes et souligné ses multiples manquements :
– A la France, terre d’accueil par excellence;
– A la République, en insinuant qu’il y a des français de 1ère classe et de 2ndeclasse
– A ses engagements démocratiques trahissant les principes de RSF pour porter ceux de MLP.

Béziers, avec Robert Ménard, est ainsi passée d’une ville culture à une ville tourmentée par l’idéologie du rejet de l’autre sans pour autant que les vrais problèmes de la ville ne soient résolus, que ce soit sur le développement économique, sur le chômage ou la revitalisation du centre ville.

Deux semaines après ce déplacement, j’ai reçu un courrier de Robert Ménard m’accusant d’avoir manifesté avec des islamistes et que les services de l’Etat en étaient informés.

1/ C’est quoi le FN ?

Le Front National n’est pas seulement un mouvement d’ extrême droite qui aurait réussi en surfant uniquement sur la vague national populiste « tendance islamophobe » ou un parti à part sur la scène politique française de par son histoire, son rapport à la République et son discours sur les immigrés.

Il s’agit aussi d’un parti qui se nourrit des crises que subit notre monde occidental sur le plan économique, social et culturel.

2/ De quelles crises s’agit-il ?

En évoquant les crises, il ne s’agit pas d’une crise mais d’une conjonction de crises :

– une crise économique et sociale, qui provoque la détresse des classes populaires, qui ne se retrouvent pas dans la mondialisation et subissent l’accroissement des inégalités. Une crise qui est également accentuée par la révolution numérique et l’ubérisation de notre économie qui détruit l’organisation traditionnelle de l’entreprise ;

– une crise géopolitique, où le monde est chaque jour rendu plus instable et volatile par la multiplication des guerres et la prolifération du terrorisme ;

– une crise écologique, ou plutôt la multiplication des crises dues au dérèglement climatique, et à la pollution de l’eau, de l’air et des sols.

⁃ une crise d’identité caractérisée par un sentiment de perte d’identité sur fond de conflit de civilisation avec l’islam.
Ces crises se sont amplifiées avec la pression migratoire de ces dernières années.

3/ Mais en réalité quelles sont les recettes du national-populisme sur lesquelles campent le Front National ?

Le national populisme, plus ou moins xénophobe et le discours antisystème trouvent des réponses :

– dans le repli sur soi (sur le plan social et sociétal), qui a fait le succès du oui au Brexit, de la victoire de Trump aux États-Unis et de l’extrême droite en Autriche ;

⁃ en appelant à en finir avec la mondialisation (sur le plan des échanges commerciaux), en dénonçant les traités commerciaux et en exigeant des barrières douanières élevées ce qui rendrait notre économie plus dynamique et nos entreprises plus solides ;

⁃ dans l’augmentation des investissements publics (sur le plan économique) ;

Sans doute ce simplisme a t’il le mérite de l’efficacité électorale.

4/ Quelle pourrait être la conséquence de cette stratégie du Front National chez nous en France ?

Nous la connaissons tous : la victoire de ce même national populisme est possible en France.

5/ Plusieurs facteurs d’ailleurs pourraient faciliter la conquête du pouvoir par l’extrême droite dans la décennie à venir. Lesquels ?

Nous observons en effet :

– une abstention élevée surtout chez les progressistes de milieu urbain,

– chez nous, à gauche, un éclatement de la représentation politique : aujourd’hui l’électorat est ventilé de la façon suivante : 60% pour la droite et 40% pour la gauche. Ces 40% sont répartis entre Mélenchon, Macron et le gagnant de notre primaire ;

– une décomposition des partis politiques traditionnels : nous vivons une crise du militantisme illustrée par la difficulté d’attirer des jeunes à s’engager ;

– une efficacité trop limitée des politiques publiques ;

– une crise du récit progressiste.

6/ Qui peut faire barrage à l’extrême droite ?

Certainement pas la droite qui partage avec l’extrême droite l’obsession de l’identité et qui dans bien d’autres domaines a déjà fait débordé les digues chères aux Chirac et Séguin.

Cette même droite promet un programme ultra-libéral qui repousse les couches populaires.

Seule la gauche a la capacité de barrer le chemin à l’extrême droite car elle a toujours parlé à l’imaginaire du peuple de gauche et donc à agir aussi bien sur l’affect que sur l’intellectuel et donc concilier les cœurs et la raison. Nous avons d’ailleurs réussi durant ce quinquennat à moderniser notre appareil productif tout en préservant notre modèle social.

C’est pourquoi, en tant que Parti socialiste, nous avons une responsabilité historique de nous battre dans les prochains mois pour éviter le pire ; mais la Gauche est divisée et fragmentée.

7/ Comment allons-nous nous battre ?

– il faut alerter l’opinion de la menace nationale populiste et pointer la dangerosité de la droite passerelle.

– il faut porter un projet moderne, protecteur et innovant codifié à travers les Cahiers de la Présidentielle : 6 cahiers ont déjà été présentés : sur l’Europe et le monde, sur l’Etat social écologique, sur le renforcement et la protection de la démocratie, sur l’identité, sur l’éducation, sur l’entreprise et le travail. Un dernier cahier sera présenté par Guillaume Bachelay au lendemain des résultats de la primaire à droite.

– il faut rassembler la gauche autour de la belle alliance populaire. Je vous invite tous à venir le 3 décembre à la grande convention nationale de la Belle Alliance populaire qui sera un meeting national de la gauche contre le programme autoritaire et inégalitaire de la droite et à participer à
la primaire de la BAP qui désignera notre candidat pour la présidentielle derrière lequel on devrait se ranger.

Quand chacun de nous se serait impliqué sur ces trois action : alerter l’opinion, porter un projet et rassembler la gauche autour de la BAP, nous serons donc en situation de vaincre le national populisme.

8/ Quels sont les thèmes sur lesquelles on a déjà débattu au sein de la direction du PS ?

Je reprends rapidement quelques pistes débattues au sein de la direction du Parti socialiste :

– l’investissement dans l’éducation et la culture pour renouer avec un leadership fort et responsable ;

– la reconstruction de l’unité des valeurs et de destins de notre démocratie face aux risques du 21 ème siècle ;

– la compréhension des causes du populisme pour les traiter et les désamorcer ;

– le renouvellement de la classe politique ;

– la transparence dans notre système institutionnel ;

– et enfin la critique du programme économique du Front National qui est irréalisable si la France ne sort pas de l’Union Européenne, au mieux inefficace, fortement nuisible si on ne sort pas de l’UE et fondamentalement xénophobe.

9/ Conclusion :

Le monde et l’Europe ont les yeux rivés vers la France ;
A gauche, seul le Parti socialiste dispose d’une vocation unitaire et seule l’unité permettra de créer la dynamique populaire, rempart au national populisme.

C’est pourquoi nous portons tous ici individuellement et collectivement la responsabilité de vaincre ce national populisme.

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La force tranquille de l’éducation populaire

Aujourd’hui, faire société, point fondamental de toute démocratie, est plus que jamais menacé.

Que cela soit en France, avec les relents racistes et xénophobes, en Angleterre avec le Brexit, ou aux Etats-Unis avec l’élection de Donald Trump, de nombreux signes témoignent d’une volonté de repli sur soi dans de plusieurs pays Occidentaux.

Cela a été renforcé par la menace terroriste de l’Etat islamique, qui a mis au jour également nos fractures sociales ;

En effet, nous constatons, d’une part, que le civisme recule et, d’autre part, que les minorités se sentent méprisées et la majorité menacée.

Pour faire face à tous ces défis, il existe des ferments de cohésion, dont le mouvement associatif et notamment les mouvements d’éducation populaire.

Ces mouvements peuvent refaire émerger une citoyenneté de terrain, par la formation et l’auto-éducation, donnant ainsi espoir à nombre de nos concitoyens qui se sentent rejetés ou fragilisés.

L’éducation populaire, qui s’est affirmé pleinement en France au début du XXème siècle, à l’initiative de quelques républicains visionnaires, se définit comme un mouvement d’éducation de la vie sociale et citoyenne, exercé en dehors des structures classiques d’enseignement.

Ces mouvements d’éducation populaire, tant critiqués par la droite réactionnaire et délaissés par les gouvernements successifs de droite, doivent pouvoir s’affirmer comme acteurs essentiels du vivre-ensemble et du renforcement du lien social.

Pour le Parti socialiste, l’émergence d’une formation citoyenne accessible tout au long de la vie est plus que jamais nécessaire.

C’est pourquoi nous nous félicitons que notre gouvernement ait fait de la jeunesse et de l’éducation populaire, une priorité du quinquennat, avec notamment l’accélération de la montée en charge du service civique qui atteindra 150 000 jeunes volontaires en 2017.

Mais, beaucoup reste à faire, comme l’ouverture de nouveaux chantiers pour la création d’un plan national de relance des colonies de vacances, pour le renfoncement de la coordination nationale, avec l’Institut National de la jeunesse et de l’éducation populaire (INJEP), et avec les organisations sociales et éducatives ou bien encore avec l’association des acteurs de l’éducation populaire aux politiques locales.
Ainsi, pour surmonter les difficultés que nous traversons, nous devons nous mobiliser pour bâtir un avenir meilleur qui favorise l’égalité des chances et l’épanouissement de chacun.
Le développement de la vie associative et le projet porté par l’éducation populaire peuvent nous permettre de nous retrouver collectivement pour refuser la fatalité.

Face aux crises traversées dans son histoire, la France ne s’est jamais résignée. Elle a toujours su se relever et réagir.
Cette force de caractère s’est forgée dans un attachement fort aux valeurs humanistes portées par la culture et l’éducation.

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Que faire ?

D’ici quelques heures nous connaitrons le nom du nouveau président des Etats-Unis mais à cet instant, quelque soit le résultat du scrutin, nous connaissons ceux qui l’emportent : les ultra-libéraux qui promettent moins d’impôts, moins d’état, moins de fonctionnaires donc moins de protection, moins de pouvoir d’achat et donc moins de croissance.

Comment comprendre ce vote en faveur de Trump venant de ceux qui vont le plus souffrir de ses politiques ?

Il ne s’agit pas d’un simple besoin d’alternance mais d’un vote plus grave et plus profond. Il s’agit d’une révolte des classes moyennes qui ont l’impression d’avoir été abandonné et baratiné sur la mondialisation et aujourd’hui  devoir payer pour les autres : les assistés, les immigrés et les réfugiés.

Notre rôle aujourd’hui, en tant que progressistes, consiste à contre attaquer à rassurer ces classes moyennes pour les empêcher de se jeter dans les bras de leurs faux amis libéraux.

 

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Non, la France n’est pas un pays en déclin

Alors que le contexte économique et social reste encore difficile pour nombreuses et nombreux d’entre nous, les prochaines échéances électorales s’annoncent cruciales pour l’avenir de notre pays.

En effet, malgré l’ambition des réformes portées par le Président de la République, le gouvernement et la majorité socialiste à l’Assemblée nationale, malgré les premiers signes du redressement de l’activité économique et de l’endiguement du chômage, et enfin malgré les mesures sans précédent prises pour la transparence de la vie publique, pour refonder notre système éducatif, ou bien assurer la sécurité face aux menaces terroristes, l’opinion semble toujours sceptique face aux nombreuses avancées que nous avons portées.

Ce qui est surtout grave c’est que la droite et l’extrême-droite accentuent ce sentiment et jouent sur les peurs, sans reconnaître les points positifs des politiques gouvernementales.

C’est pourquoi il est important de présenter aux Françaises et aux Français un projet clair, précis et réaliste, poursuivant notre action depuis 2012 au service de la justice sociale et de l’égalité, à l’opposé des propositions ultra-libérales et teintées de relents identitaires que nous proposent la droite et l’extrême-droite.

Ces dernières, qui prospèrent sur ces thèmes, voudraient nous persuader que la France serait en déclin, en perte de vitesse face à la mondialisation.

Ce pseudo-constat permet aussi à la droite de proposer plus de dérégulation et donne l’occasion au FN d’exiger de notre pays un repli sur lui-même, ce qui se ferait nécessairement au détriment des plus modestes d’entre nous.

Ceci posé, un rappel me paraît nécessaire pour refuser le discours sur le prétendu « déclin français » dont les forces conservatrices et réactionnaires ont fait leur credo.

Je peux vous dire, de par mon expérience, que notre pays rayonne dans le monde à travers ses valeurs universelles et comme étant la patrie des Droits de l’Homme, de l’universalisme, de l’éducation, des institutions démocratiques, de l’innovation et du savoir-faire français.

Pour n’avoir pas été depuis « toujours » française, pour avoir découvert et appris à être française, pour avoir vécu dans plusieurs pays que ce soit en Europe ou ailleurs, j’ai eu la chance de mesurer cette réalité.

Il nous faut donc marteler sans cesse que la France n’est pas ce pays de déclin, de méfiance envers l’autre, de l’égoïsme, selon l’image que certains voudraient lui associer. Il nous faut montrer aux Français que la République n’est pas un handicap, un affaiblissement mais un atout pour vaincre les peurs.

Peur du monde extérieur. À combattre, en montrant que les Français restent attachés à l’Europe de la justice, de la solidarité, porte-parole des valeurs de paix dans le monde. L’Europe de la PAC, d’Erasmus. Une Europe plus équitable, telle que le président de la République tente de la réorienter depuis 2012.

Peur de l’autre. À combattre, en montrant que les Français veulent continuer à vivre dans une France unie et ouverte à la diversité, dans une communauté de citoyens qui refuse toutes les formes de rejets xénophobes, antisémites, ou bien sexistes. Nous devrons donc poursuivre après 2017 notre action en faveur de l’égalité hommes/femmes et des politiques d’aides aux migrants, pour lesquels les conservateurs ne masquent pas leur aversion.

Peur de la compétition économique. À combattre, en montrant que  les forces économiques françaises sont productives et créatives, contrairement à ce qu’on nous ferait croire. Nos chercheurs sont compétents, nos entreprises performantes, nos territoires attractifs ! Nous oublions trop souvent que de nouvelles entreprises se créent chaque jour ! Et à côtés de ces atouts économiques, nombre de nos concitoyens sont engagés dans la vie associative et font aussi vivre notre pays.

Cependant, pour vaincre les peurs, il faudra les affronter et non les occulter. Il faudra poser les sujets brûlants sur la table et y apporter des réponses fortes.

En tant que socialistes, nous devrons notamment mener une grande réflexion sur la pratique du pouvoir, et nos façons de concevoir la démocratie.

Il s’agit donc de continuer à faire de la question institutionnelle un des leviers pour résoudre la crise, en associant encore plus et mieux les Français à l’exercice des responsabilités. Les socialistes devront être à l’offensive pour limiter dans le temps à trois les mandats de parlementaires, pour renforcer les pouvoirs des territoires ou bien encore pour consulter les citoyens pour les grands projets.

Pour dépasser ces peurs, il faudra aussi poursuivre notre travail de redressement de l’économie dans la justice, soutenir et accompagner l’émergence de l’économie collaborative et numérique tout en assurant la protection des travailleurs quels que soient leurs statuts. Cet objectif passera aussi par des politiques incitatives envers des entreprises qui créent des emplois en étant intraitable face aux fraudes menées par certains grands groupes financiers.

Pour dépasser ces peurs, il faudra enfin porter un discours pour une France unie et du « vivre ensemble » contre une France identitaire et repliée sur elle-même.

Notre République doit donc être rénovée et rapprochée des citoyens pour faire face à ces remises en question de plus en plus nombreuses par les forces conservatrices et identitaires.

Telle est donc l’importance de notre réflexion dans la préparation de notre projet pour les échéances à venir.

Soyons à la hauteur et mettons enfin, sans tabous, l’ensemble des sujets sur la table !

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Conférence : Quelle gouvernance pour demain ?

A Bruxelles lors d’une conférence sur « les menaces qui pèsent sur notre monde de demain » en présence de personnalités et dirigeants politiques de tous les pays.

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J’ai surtout évoqué l’impact du phénomène migratoire et ce que l’Union européenne pourrait faire face aux conséquences dramatiques de ce défi.

voici mon intervention :

I – Constater

Alors que l’Europe est sujette à de nombreux troubles, un sujet grave se pose à nous en tant qu’Européens.

Il s’agit de la question des arrivées massives de migrants, qui devient chaque jour un sujet plus crucial pour les pays européens.

Répondre au défi migratoire, nous permettra aussi de répondre à la question de notre propre identité, de notre rapport à l’histoire et du sens de notre engagement.

Les constats d’aujourd’hui sont imparables et j’en citerai deux :

Jamais depuis 50 ans la Méditerranée n’avait été en proie à de telles difficultés :

1/ Difficultés liées aux multiples guerres civiles au Proche-Orient et en Afrique ;

2/ Difficultés dues aux changements climatiques et à la pauvreté.

Ces femmes, ces hommes et ces enfants viennent chercher en Europe la paix et la solidarité et fuient dans leur pays d’origine la dictature, la guerre et la famine.

Jamais depuis la Seconde Guerre mondiale l’Europe n’avait connu une telle montée du nationalisme, du populisme ou de la xénophobie. Il n’y a d’ailleurs aucunement besoin de longues explications ou de dissertations philosophiques pour comprendre le résultat du référendum au Royaume-Uni, auquel on peut rajouter celui de l’élection présidentielle en Autriche ainsi que les difficultés politiques en Allemagne, en Hongrie et en Pologne.

A la racine, il y a toujours la peur mais surtout la peur face aux mouvements migratoires. Et à chaque fois une instrumentalisation de ces peurs dans une consultation électorale.

II-     Affronter

Pour nous, européens progressistes, il y a là un défi à affronter, une exigence de lucidité et une capacité à trouver un discours sérieux.
Au point de départ, il y a nos valeurs, il y a les valeurs de l’Europe construite au travers de ses drames historiques.

Nous haïssons le racisme, le rejet de l’autre, les discriminations et les persécutions.

Nous sommes persuadés que l’Union européenne a largement les capacités d’accueillir ces migrants qui représentent une réelle opportunité pour faire face aux défis économiques auxquels nous serons confrontés dans les prochaines années.

Mais force est de constater qu’il n’existe pas de stratégie commune dans ce domaine, laissant actuellement chaque pays face à lui-même.

III-     Proposer une politique de gauche

 Afin de surmonter cette crise, nous devons adopter 5 principes comme nous l’avons formulé au sein du Parti Socialiste : « tarir, contenir, soutenir, répartir et enfin accueillir pour intégrer ».

Le premier enjeu sera de tarir ces flux. Il est primordial de régler le problème à la source, de lutter contre les causes profondes des migrations :

1/ En portant une politique extérieure et de défense commune qui tente de mettre fin aux conflits. Cela passera par un engagement déterminé pour lutter contre Daesh, mais aussi par la recherche d’une solution politique en Syrie tout en exigeant le départ de Bachar El Assad ainsi qu’une réponse durable pour la stabilité dans la zone sahélo-saharienne.

2/ En engageant des politiques de coopération pour le développement sanitaire et économique en Afrique.

Je souligne donc l’importance d’une approche 3D : défense (sécurité), développement (politique européenne de voisinage) et diplomatie (solution politique).

Le deuxième enjeu sera de contenir ces flux :

1/ En participant au renforcement des contrôles aux frontières des États exposés comme la Grèce et l’Espagne.

2/ En durcissant les sanctions envers les réseaux mafieux de passeurs.

Le 3ème enjeu sera de répartir équitablement les flux dans les pays européens. Aussi, un organisme européen devra être créé pour répartir la charge entre tous les pays.

Le 4ème enjeu sera de soutenir l’émergence d’initiatives communes en Europe centrées avant tout sur les pays d’origine ou de transit affectés par le flux de réfugiés (le Liban et la Jordanie en sont un exemple). Il est crucial d’avoir des investissements sociaux importants dans ces pays.

 Et enfin, le dernier enjeu sera évidemment d’intégrer ces migrants ; je souhaiterais m’attarder particulièrement sur ce point :

Nous devons proposer des politiques d’intégration efficaces, garantissant l’accès à des droits fondamentaux tels que l’éducation, la santé, un logement, la formation, l’accès au marché du travail et la garantie d’un niveau de vie décent. Ces politiques doivent être élaborées en étroite collaboration entre les autorités nationales, régionales et locales qui affrontent quotidiennement ces problèmes.

Chaque femme, chaque homme est pour nous un être humain qui doit être respecté et protégé.

En disant cela je sais qu’on me criera que la gauche généreuse doit aussi tenir compte des réalités et ne pas devenir naïve : débat incessant encore entre réalistes et utopistes.

Là aussi, c’est une nouvelle synthèse qu’il nous faut construire.

Michel Rocard en son temps avait dit « la France ne peut pas accueillir toute la misère du monde ». Il avait par la suite dans les débats rajouté : « encore faut-il qu’elle assume sa part de solidarité dans le refus de cette misère ».

Nous avons vu cette question osciller en permanence entre générosité et fermeté en ayant, avouons-le, du mal à trouver l’équilibre pertinent.

Je pense que, pour l’Europe, cette question du flux migratoire, de l’intégration, de l’identité doit donner lieu à la définition d’une doctrine qui permette d’être efficace et utile dans la bataille idéologique face à la droite et l’extrême droite.

L’immigration zéro est impossible et stupide et l’idée de frontières infranchissables est un leurre et insupportable dans les drames humains qu’elle génère aujourd’hui en méditerranée.

Mais en même temps nous ne pouvons donner le sentiment que les frontières sont ouvertes sans aucun contrôle.

C’est pourquoi je pense qu’il faut se servir de l’exemple canadien : Mettre en place un plafond annuel d’accueil intégrant à la fois nos besoins, nos possibilités et notre solidarité.

Ce plafond pourrait être aussi un plafond européen, il doit être annuel pour pouvoir s’adapter aux situations difficiles.

Chaque nouvel arrivant signera ainsi avec l’Etat une charte qui stipulera quels sont les droits et les devoirs de l’Etat et du migrant.

Cette double proposition doit donner lieu à discussion, s’affiner mais elle a pour moi un but, accueillir, responsabiliser et rassurer.

Un dernier mot pour dire que les constats sont durs et réalistes mais nous n’avons d’alternative que d’accueillir ces migrants.

L’Europe se doit d’avoir une réponse basée sur la solidarité, la générosité et la confiance et construite autour d’une politique migratoire européenne pragmatique et coordonnée.

C’est une Europe de la tolérance, de l’égalité et de l’union que nous voulons. Cela doit être une de nos réponses aux personnes qui veulent instrumentaliser ce défi pour diviser nos sociétés et encourager la haine et la peur.

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Mon intervention au Bureau National du 17 octobre

Cher(e)s Camarades,

Il faut se rendre à l’évidence. La période que nous traversons est remplie d’inconnues, inconnues qui sont d’abord liées à l’élection présidentielle.

La candidature de François Hollande est entamée mais aucune autre ne s’impose. En même temps, il n’est plus assuré que l’élection présidentielle demeure la « mère des batailles » malgré l’ordre du calendrier électoral et la fonction éminente de chef de l’exécutif.

Cette situation politique inédite doit nous interroger toutes et tous.

Le Président, lui-même, a d’ailleurs bien dit au mois de septembre, dans un entretien paru dans la revue débat, que le prochain locataire de l’Elysée sera, sans doute, nécessairement minoritaire dans l’opinion, mais aussi peut-être à l‘Assemblée Nationale en raison de la nouvelle répartition du paysage politique en trois blocs : progressistes conservateurs et identitaires.

Je constate également que le rejet est moindre sur le Parti Socialiste que sur l’exécutif.

Ce qui veut dire que les résultats des législatives ont de forte chance d’être indépendants de ceux de l’élection présidentielle.

C’est pourquoi, il nous faut faire des législatives un enjeu en soi, une bataille spécifique qui puisse permettre à notre parti et à notre groupe parlementaire de rester le pivot de la vie politique française vu le risque de voir le Front National occuper le rôle de l’opposition au sein de l’Assemblée Nationale.

Ainsi, dès le mois de Janvier, le parti Socialiste devra s’engager pleinement dans la campagne des législatives surtout que le bilan de notre majorité parlementaire est largement positif et que le travail de modernisation et de redressement accompli (dans le respect de notre modèle social) représente une alternative aux tentations régressives et ultra-libérales de la droite et de l’extrême droite.

Pour conclure, je voudrais dire que le candidat à la présidentielle sera ce qu’il sera, nous le soutiendrons pleinement, mais la campagne pour la présidentielle ne devra pas nous faire oublier que les législatives seront encore plus déterminantes que la présidentielle pour les équilibres politiques des prochaines années.

Je vous remercie.

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L’innovation pour tous, la sécurité pour chacun !

Le quinquennat de François Hollande est marqué par une forte volonté de mettre en place une politique de redressement du pays dans la justice sociale. L’un des pivots de cette politique social-démocrate, aux côtés de l’investissement dans l’éducation et la formation, est la relance de la compétitivité de nos forces économiques dans tous les domaines.

Suite à la crise économique qui a frappé le pays ces dernières années et à l’errance des politiques fiscales et économiques du précédent mandat, il était urgent de relancer la compétitivité des secteurs productifs français.

Que ce soit avec le Pacte national pour la croissance, la compétitivité et l’emploi ou le Pacte de responsabilité et de solidarité, le gouvernement a concentré ses efforts sur la mise en place d’une politique de l’offre équitable tournée en direction des petites et moyennes entreprises.

Force est de constater que cette volonté politique s’est concrétisée en actes forts de la part du gouvernement. Plusieurs projets de loi ont illustré cette méthode réformiste, facilitant l’autonomie des individus plutôt que leur dépendance par rapport à un statut figé comme l’entendent les tenants de l’économie dirigée ou leur fragilisation par une absence totale de protection comme le souhaiteraient les ultra-libéraux.

La loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances du mois d’août 2015 dite « loi Macron » se donne pour objectif de déverrouiller l’économie française et ainsi lever les blocages qui entravent la croissance. Plus concrètement, le texte a prévu par exemple des mesures pour simplifier les conditions d’installation des professionnels du droit, créer le statut d’avocat d’entreprise ainsi que d’autres mesures visant les notaires, les huissiers de justice, les commissaires priseurs judiciaires et les experts comptables.

Précédemment, en juin 2014, à travers la loi pour l’artisanat, le commerce et les très petites entreprises, le gouvernement a souhaité redynamiser le commerce de proximité et favoriser la diversité des commerces dans les territoires, notamment les plus fragiles. Cela a permis de développer de nouvelles marges de manœuvre pour les professionnels en clarifiant les procédures d’installation, ainsi qu’en facilitant la reprise d’activité.

Dans le cadre de cette loi, avec l’impulsion donnée au FISAC, le gouvernement a également souhaité apporter une aide aux commerçants frappés localement par des difficultés démographiques ou économiques.

Enfin, la loi El Khomri vient compléter et amplifier cette action réformatrice afin de permettre aux petites entreprises, aux commerces et aux artisans de s’adapter plus facilement à leurs besoins locaux, tout en offrant de nouveaux droits aux salariés et aux syndicats.

Ces mesures commencent à marquer leurs effets. D’ailleurs, les principaux chiffres économiques (chômage, emplois créés, investissement des entreprises…) repassent dans le vert. Loin des propositions ultralibérales et inéquitables de la droite, ou de l’immobilisme de la gauche radicale, tant éloigné des préoccupations des entrepreneurs et de l’entreprise, le gouvernement agit avec pragmatisme.

En tant que socialistes, nous avons la responsabilité historique de poursuivre notre action pour faire face aux mutations auxquelles nous sommes confrontés, comme celles du travail mais aussi l’uniformisation de l’offre commerciale, la désertification des centres-ville, l’émergence des nouvelles technologies, des nouveaux modes de consommation qui en découle et le développement de l’économie collaborative…

A nous donc, en tant que progressistes et réformistes, d’accompagner ces évolutions, tout en mettant en place les régulations qui s’imposent pour réaffirmer les droits des salariés, et des règles élémentaires de concurrence et d’équité pour tous.

La modernisation de notre appareil productif ne se fera pas par la dérégulation sauvage ni par le refus de l’innovation. Il faut une voie moyenne concrète: une sécurité pour tous par l’innovation pour chacun. Rompre avec cela, comme le souhaitent les droites et l’extrême gauche, c’est perdre une bataille culturelle et idéologique.

 

 

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