Le redressement dans la justice, engagé par François Hollande, commence à porter ses fruits

En 2012, pour pérenniser notre modèle social et recréer à nouveau des emplois, François Hollande s’était engagé à redresser les comptes publics et la compétitivité des entreprises de notre pays.

 Le déficit budgétaire, commercial et social dans lequel la droite avait laissé la France, après une décennie au pouvoir, exigeait déjà beaucoup d’efforts. François Fillon, le Premier ministre du quinquennat précédent, eut beau claironner qu’il était « à la tête d’un État en faillite », il n’a rien fait pour y remédier, mais l’a au contraire poussé au bord de la liquidation judiciaire. Pour mieux justifier, sans doute, le démantèlement de la protection sociale, comme il le propose aujourd’hui.

La crise financière de 2008, devenue en 2012 crise de la dette, crise de la zone euro et crise globale, rendait la tâche encore plus ardue et encore plus nécessaire pour les socialistes avec François Hollande.

Dès son arrivée au pouvoir, la gauche s’y est donc consacrée, entièrement, totalement. Elle avait conscience de la hauteur de sa responsabilité. Elle avait conscience de ce qu’il faudrait demander aux Français. Elle leur a demandé beaucoup. Ce ne fut pas sans tâtonnement. Mais aujourd’hui, la France et son économie retrouvent des couleurs et est en meilleur état que celle que le Président François Hollande « a trouvé en 2012 ».
Ce sont les créations d’emplois qui reprennent : 190 000 créations nettes dans les secteurs marchands en 2016. Selon l’Insee, cette dynamique devrait se poursuivre en 2017 avec au moins 80000 créations nettes au premier semestre et une baisse du chômage sur la même période. L’action du gouvernement a permis d’obtenir cette baisse, notamment l’aide Embauche PME qui a fait l’objet d’1 100 000 demandes, dont 70% de CDI.

Ce sont les créations d’entreprises qui reprennent : près de 20% en plus de 2012 à 2016.

Ce sont les investissements, orientés à la hausse : plus 4% en 2016, au fur et à mesure de la montée en charge du CICE, du pacte de responsabilité et du plan de soutien à l’investissement.

C’est la chute de notre industrie enrayée : après une perte sèche de 80 usines par an, leur nombre s’est aujourd’hui stabilisé.

Quant aux comptes publics, ils sont sur une meilleure trajectoire : le déficit public était de 5,1% en 2011 ; il s’établit en 2016 à 3,4%. Le volume de la dette s’est stabilisé alors qu’il avait crû de 20 points sous la présidence de Nicolas Sarkozy.

Pour y parvenir, non seulement nous n’avons pas démantelé notre modèle social, mais nous l’avons renforcé et étendu aux nouveaux risques et aux nouveaux défis auxquels chacun doit faire face dans l’existence.

Protéger et progresser : c’est l’ambition des socialistes. Cette ambition, dans un contexte économique et politique éminemment difficile, elle a tenu.

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Notre modèle actuel peut-il survivre aux défis du XXIe siècle?

Le monde traverse un processus de changement majeur. La révolution numérique s’accélère, le dérèglement climatique interpelle notre vision économique de production de richesses, la croissance, telle que nous l’avons connu, tend à laisser la place à une nouvelle forme de « stagnation séculaire » et, enfin, l’« ubérisation » de l’économie nous oblige à repenser l’organisation du travail.

Partant de cette réalité, notre modèle économique et social se retrouve bouleversé par des problèmes structurels comme le chômage massif ou encore la précarité croissante.

Ce modèle qui, à l’époque de la Libération, s’est bâti, dans un contexte de plein emploi, sur un système de cotisations prélevées sur les revenus du travail, est-il toujours en mesure de faire face aux défis du XXI° siècle?

Serions-nous encore capable, dans les années à venir, de garantir, à l’ensemble de nos concitoyens, des emplois pérennes et durables et donc une protection soutenable ?

Sur cette question, en particulier, les avis divergent mais aucune théorie ne s’impose malgré les travaux sur le sujet ; certains sont adeptes de « la fin du travail » et d’autres estiment que nous allons connaître une période de « destruction-créatrice » d’emplois avant de revenir à l’équilibre.

Des débats honorables posés dans le cadre de cette campagne présidentielle. Notre candidat, Benoit Hamon, y travaille.

Cela nous engagerait dans une vaste discussion à composante économique, philosophique et sociologique ou toutes les disciplines s’entremêlent.

Pour sa part, le Parti Socialiste s’est saisi des thèmes sur la transition sociale-écologique, la transition numérique, le revenu universel et le partage du temps de travail.

Des sujets, des questions et des réponses nombreuses qui interpellent :

– Pourquoi vouloir travailler plus alors que la modernisation de l’appareil productif améliore considérablement notre productivité ? Est-ce que réduire le temps de travail serait vécu comme une incitation à la « paresse » ? 

– Comment créer « une protection pour tous », dans un espace en mouvement permanent et à la diversité des statuts croissante ?

– Comment mettre en œuvre un « revenu universel », le financer et le pérenniser, sans remise en cause de la valeur travail ?

Dans cette perspective de « revenu universel » voire de « revenu décent » ou de « revenu d’existence » ou même de « revenu contributif », différentes formes et concepts de « revenu » ont des partisans à droite comme à gauche, correspondant chacun à une certaine vision de la société :

– le « revenu minimum décent » ou « revenu d’existence » évoqué dans les Cahiers de la présidentielle du Parti Socialiste (préprogramme pour la présidentielle avril 2016) et qui s’inscrit dans les pas du rapport Sirugue. Il s’agit de repenser voire fusionner les minima sociaux et permettre la mise en œuvre d’une « couverture socle commune » sans stigmatisation ni contrainte. Ce dispositif a été repris par Manuel Valls, dans le cadre des primaires de la Belle Alliance Populaire,  pour être versé aux 18-25 ans ;

– le « revenu contributif » sur lequel travaille le philosophe Bernard Stiegler et qui est au stade d’expérimentation dans le « territoire Plaine Commune », mission donnée par les ministres de l’Economie et de l’Enseignement supérieur au Président de « Plaine Commune » Patrick Braouezec.  Le principe est d’accorder de la valeur aux activités non marchandes et peu ou pas rémunératrice mais porteuses de bien-être social. L’Etat verserait un revenu alternatif sur la base d’un fonctionnement proche du système des intermittents du spectacle ;

– le « revenu universel d’existence » préconisé par Benoit Hamon est justifié par le constat qu’il y a forcément une « raréfaction du travail ». Il s’agit aussi d’un complément de revenu « pour celui qui travaille en lui donnant le choix de réduire le temps de travail sans perte de revenus ».

L’enjeu « du partage du travail » ou de « réduction du temps de travail », comme exprimé dans les Cahiers de la présidentielle du Parti Socialiste, est de « permettre dans les années futures une réflexion sur la modulation négociée du temps de travail (…) de cette façon, plus de temps serai consacré à la formation professionnelle, à l’engagement associatif, syndical ou politique… ».

Le compte épargne temps (CET) participe à cette idée de donner, à chaque salarié, le moyen d’accumuler des droits à congés ou de se servir des points du CET pour faire de la formation. Selon moi, ce compte devrait, à terme, être inclus dans le Compte personnel d’activité (CPA) et qui regroupe actuellement le compte pénibilité, le compte personnel de formation et le compte engagement citoyen.

Le Parti Socialiste, parti du progrès et du travail, a contribué à l’évaluation de ces enjeux et à la mesure de leurs impacts économiques et sociaux voire sociétaux.

Il est partisan d’une France capable de s’inscrire dans une économie de transition (écologique, numérique ou organisationnelle), génératrices d’emplois, et dans un modèle de croissance tout en créant les nouvelles protections du XXIème siècle.

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Paru dans la presse

img_0513https://www.lorientlejour.com/article/1036394/ces-franco-libanais-dans-lentourage-des-candidats-a-la-presidentielle-francaise.html

Elle ne fait pas partie de l’équipe de campagne du vainqueur de la primaire socialiste, mais la candidate malheureuse du PS dans la 10ème circonscription des Français de l’étranger lors des législatives de 2012, née à Beyrouth en 1971, monte progressivement les échelons du parti.
Dans une interview accordée le 6 février à L’Orient-Le Jour, la secrétaire nationale à la Politique industrielle et des entreprises, rattachée au secrétaire général du PS Jean-Christophe Cambadélis, a déclaré qu’elle pourrait être investie par son parti pour concourir aux prochaines législatives.

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Synthèse : 2 propositions pour l’industrie dans le cadre de cette présidentielle

1.   Enjeux : investissement dans l’appareil productif et la formation

Nous connaissons une mutation technologique et numérique qui nécessite de penser et de bâtir l’industrie de demain.

C’est pour cela que industriels et pouvoirs publics ont plusieurs défis à affronter dans les 5 prochaines années. Il s’agit pour eux d’instaurer un système d’accords cadres au sein desquels investissement et innovation doivent aller de paire avec la formation et la montée en compétence des salariés.

2.     Deux propositions :

A.    Moderniser notre outil industriel ;

a.           Constat :

La France a les atouts pour être une nation de référence de la nouvelle révolution technologique mais la modernisation de notre outil de production industriel constitue, en terme de compétitivité hors coûts, un handicap lourd pour faire face aux défis de nos PME et nos ETI. Ce retard de notre système productif a aussi un coût social dans la mesure ou il constitue un frein à l’amélioration des conditions de travail.

b.           Proposition 1 :

Partant de cette réalité, le secrétariat propose de créer en faveur des PME/ETI une prime conditionnelle pour l’investissement productif qui soit incitative comme celle du crédit impôt innovation. Celle-ci les encouragerait à participer aux travaux de normalisation volontaire, de transition énergétique et numérique et leur permettrait d’amortir sur 24 mois leurs investissements productifs.

B.    Mettre en œuvre une politique en matière de formation en garantissant un revenu contributif ;

a.     Constat :

Cette modernisation de l’appareil productif implique un nouveau rapport de la société à l’emploi avec l’humain au centre du processus.

b.     Proposition 2 :

  • Le revenu contributif

La reconstruction de cette nouvelle économie aura comme priorité de donner de la valeur au savoir en soutenant la formation. Il s’agira de protéger les 3,2 millions d’actifs précaires (intérimaires, CDD, chômeurs en fin de droit) à travers le versement d’un revenu contributif garanti, sous condition de formation et d’acception de projet professionnel. Ainsi, les actifs pourront alterner période de travail et période de formation. Ce revenu contributif se mettra en place à partir de 2018, date de l’instauration du revenu d’existence au 18-25 ans.

  • Le financement

La France compte aujourd’hui 3,2 millions d’actifs précaires qui enchainent période d’emploi courte et période de chômage. Ces travailleurs sont souvent peu diplômés et subissent les effets de la robotisation et de l’automatisation du travail. L’objectif du revenu contributif est donc de venir rémunérer une formation, d’une durée maximale de 10 mois, pour un coût maximum estimé à 10 000€ (1000 € par mois de rémunération), afin de soutenir leur retour à l’emploi et de valoriser le capital humain. Des économies devront être réalisées en matière de gestion du budget de la formation professionnelle (estimée à 32 milliards d’euros en 2016) afin de financer cette rotation.

c.     Projet d’expérimentation :

Le projet de Plaine-Commune, en Seine-Saint-Denis, expérimente ce revenu contributif sur le modèle de l’intermittence : le travail est engagé par le philosophe Bernard Stiegler et la mission est donnée par les ministres de l’Economie et de l’Enseignement supérieur au Président de « Pleine Commune » avec le soutien de la Fondation de France, des habitants et en partenariat avec l’Etablissement public territorial, Orange, Dassault Systèmes et la Maison des sciences de l’homme Paris-Nord – et, à travers celle-ci, les universités Paris 8 et Paris 13 – en dialogue avec les petites et moyennes entreprises, associations, les acteurs de l’économie sociale et solidaire, les artistes, et les établissements culturels.

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Une action en faveur des commerçants et indépendants, victimes de la dévitalisation économique et sociale de nos territoires.

Le commerce, l’artisanat et les TPE sont reconnus pour être d’importants moteurs économiques de la France, mais de profondes mutations ont touché ces secteurs ces dernières années avec le développement des grandes surfaces qui ont concurrencé les petits commerces de centre-ville et qui à leur tour subissent le développement de l’e-commerce.

En conséquent, les villes moyennes et les communes rurales souffrent de la fermeture des commerces de proximité, porteurs de lien social.

La droite, qui n’a cessé de promouvoir une société du « tout consommation » et de dérégulation a une grande responsabilité dans la désertification des centres villes.

En outre, pas un seul candidat à la présidentielle ne semble avoir pris conscience de l’ampleur de cette réalité.

Durant les cinq dernières années, le gouvernement a pris en compte cette problématique notamment dans la loi du 18 juin 2014 relatif à l’artisanat le commerce et les très petites entreprises mais cela n’est toujours pas suffisant.

Les récentes assises pour la revitalisation économique et commerciale des centres villes, qui ont été organisées il y a quelques jours par la secrétaire d’Etat Martine Pinville ont permis de lancer de nouvelles initiatives comme comme la création du portail ‘’cœur de ville’’ et le lancement de nouveaux appels à projets ‘’FISAC’’.

D’ailleurs, les préoccupations de la France pour la préservation d’une activité́ commerciale dans les centres des villes sont largement partagées par certains Etats de l’Union européenne.

Il serait donc politiquement pertinent dans la prochaine élection présidentielle de porter, avec l’appui de nos partenaires, auprès des institutions de l’Union Européenne un projet économique social et politique en faveur de la revitalisation des centres villes.

 Au niveau européen plusieurs actions pourraient être envisagées comme :

  • La mise en place d’un observatoire européen des centres villes pour bâtir une base de données européennes avec les principaux indicateurs liés aux dynamismes des centres villes afin de cartographier les villes concernées.

Cette mesure permettra aux élus de comparer le dynamisme de leur ville afin de se servir pour établir un diagnostic et d’agir en conséquence.

  • Engager une négociation européenne pour déroger à la liberté d’implantation commerciale et de reconnaître les centres villes comme priorité ;
  • le vote au parlement d’une ligne budgétaire claire et distinct pour régénérer les centres villes en difficulté.

Au niveau national :

  • Plus d’efforts devront se concentrer sur la dévitalisation des villes moyennes. Les

collectivités pourraient être dotées de plus grands fonds de restructuration et

bénéficier de nouvelles règles d’aménagement pour éviter les développements non-

maîtrisés.

  • Sur le modèle de l’encadrement des loyers à Paris, réfléchir à un encadrement des

loyers commerciaux dans certaines zones.

Concernant les TPE, l’élaboration d’un écosystème favorable au développement des entreprises en France serait bien accueilli : environnement juridique, fiscal et administratif. Leur sujet est désormais moins celui de la fiscalité (de nombreux dispositifs existent déjà) mais plutôt celui de la simplification.

L’objectif serait donc de concevoir un régime d’exonération voire d’exemption des formalités pour certaines TPE, afin d’encourager le lancement d’entreprises, par le biais d’un régime d’indépendants ou de micro­‐entrepreneur.

 

 

 

 

 

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Secrétaire Nationale chargée du « pôle production et répartition des richesses »

Je suis ravie et honorée d’avoir été nommée Secrétaire Nationale « à la politique industrielle et aux entreprises » puis Secrétaire Nationale chargée du « pôle production et répartition des richesses ».

Cela me permettra, encore davantage, de mettre au profit du Parti Socialiste toute mon expérience en la matière.

En effet, depuis 2003, j’avais exercé différentes responsabilités au sein de groupes français et internationaux. En 2007, j’avais présenté une thèse professionnelle dans le domaine de l’ingienerie financiere et fiscale intitulée « les fusions acquisitions et la création de valeur ».
Depuis 2013, je me consacre à la stratégie et à la communication au service de l’entreprise.

J’ai l’intime conviction que, dans les prochaines semaines, face à une droite revancharde et un Front National populiste, la bataille politique se fera sur le terrain économique et social.

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Rita Maalouf à « L’OLJ » : L’engagement du Hezbollah en Syrie a des conséquences négatives sur le Liban

 

https://www.lorientlejour.com/article/1033537/rita-maalouf-a-lolj-lengagement-du-hezbollah-en-syrie-a-des-consequences-negatives-sur-le-liban.html

Du fait des implications de la guerre syrienne et du dossier des chrétiens d’Orient sur la scène libanaise, le Liban suscite, dans une certaine mesure, l’intérêt des principaux candidats à la présidence française. Alors que la campagne présidentielle bat ainsi son plein à Paris, Rita Maalouf, secrétaire nationale à la Politique industrielle et des entreprises au sein du Parti socialiste français, rattachée au secrétaire général Jean-Christophe Cambadélis, évoque dans un entretien avec « L’Orient-Le Jour » la position du PS concernant des dossiers qui intéressent directement le Liban.

L’Orient-Le Jour – L’implication du Hezbollah en Syrie n’est-elle pas un facteur de déstabilisation au Liban et au niveau de la région du fait des tensions sectaires qu’elle suscite ?

Rita Maalouf – L’implication du Hezbollah n’est pas la cause mais la conséquence de ces tensions. Bachar el-Assad n’a pas voulu initier une évolution du régime comme a su le faire le roi du Maroc. Il a donc affronté son peuple avec violence, ce qui a déclenché une guerre civile en Syrie. À partir de là, il a dû s’appuyer sur des alliés iraniens, donc sur le Hezbollah, et les Russes. Dans ce contexte, cet engagement militaire du Hezbollah, qu’on ne peut plus qualifier d’implication, a eu des conséquences négatives sur le Liban jusqu’à déclencher une crise libanaise. Le Liban, confronté à une crise structurelle due au caractère confessionnel de l’État, fut ainsi paralysé au moment où il aurait eu besoin de l’aide internationale.

Il faut ajouter à cela l’absence de consensus dans le camp anti-Hezbollah. Cette situation a fini par rendre le Hezbollah incontournable, lequel a donc pu imposer Michel Aoun à la présidence de la République. Il s’agit d’une consolation donnée aux Iraniens pour qu’au final ils lâchent Bachar el-Assad. Dans ce jeu des puissances régionales et mondiales, le Liban n’est pas un acteur mais un terrain de jeu.

L’influence de l’Iran jusqu’au bord de la Méditerranée, notamment au Liban, n’est-elle pas une source de tension avec Israël ?

Le retrait américain au profit d’un équilibre Iran/Arabie/Israël n’a pas fonctionné car Israël s’est allié de fait à l’Arabie contre l’Iran, suivant le principe que l’ennemi de mon ennemi est potentiellement mon ami. L’Arabie ne peut accepter la montée en puissance de la Perse iranienne chiite. Dans ce contexte, Michel Aoun n’a aucune marge de manœuvre. Le Liban est coupé des monarchies du Golfe sunnites. Il est perçu comme étant pro-iranien. Et Israël ne peut tolérer un État « hezbollahisé ».

Dans cette nouvelle configuration, si le nouveau président de la République Michel Aoun ne s’extrait pas de ce paradigme en ramenant le Liban plus au centre, il est fort à parier que les tensions entre Israël et le Liban vont s’accentuer.

Quelle solution pour les réfugiés au Liban et quelles sont les conditions pour un retour des réfugiés en Syrie ?

Il y a une situation d’urgence sur ce plan. Je plaide à ce propos pour une union nationale libanaise afin que la communauté internationale se saisisse de ce dossier. Nous sommes face à une situation qui risque de devenir explosive avec la présence du Hezbollah, des réfugiés syriens à majorité sunnite et des réfugiés palestiniens. Pour le reste, tant que Bachar el-Assad sera au pouvoir, les Syriens ne reviendront pas dans leur pays.

C’est pour cette raison qu’il devient impératif de trouver une solution politique à la guerre en Syrie pour que les réfugiés rentrent chez eux, mais cette solution ne peut passer par Bachar el-Assad.

Qu’en est-il de la crise à laquelle est confronté François Fillon, et quid de son positionnement par rapport à la Syrie ?

François Fillon n’a pas su anticiper le fait que les mœurs politiques ont changé. Ce qui était hier toléré – rémunérer sa femme – ne l’est plus et l’emploi fictif ne l’est plus du tout. François Fillon parlait d’« intégrité », d’exemplarité et critiquait les « assistés ». Il s’agit d’une affaire de népotisme : on est « assisté » à 500 euros, mais à 5 000 euros on devient « assistant » ! D’ailleurs, la droite doutait déjà avant les révélations du Canard enchaîné car en un mois, François Fillon avait perdu 6 points dans les sondages, après avoir bénéficié de la dynamique des primaires. Aujourd’hui, la droite cherche quelqu’un qui puisse le remplacer.

Concernant la Syrie et le positionnement de François Fillon à cet égard, j’aimerais parler d’Alain Marsaud, député des Français de l’étranger, qui a toujours été cohérent dans son positionnement. Sa ligne de conduite est de miser sur les Iraniens et les chiites pour l’intérêt de la France, même si ce n’est pas obligatoirement l’intérêt du Liban. Il a beaucoup œuvré auprès de Fillon pour adopter cette politique. Ce dernier l’a suivi. Mais aujourd’hui, Fillon semble mal en point. S’il est remplacé par Juppé ou Baroin, la politique de la droite française changera radicalement.

 La question des chrétiens d’Orient s’est invitée dans la bataille présidentielle…

Le dossier des chrétiens d’Orient constitue une préoccupation qui fait l’objet d’un consensus en France. À tort, les Français identifient cette question à ce qui reste de la présence française en Orient. Beaucoup a été fait sur ce plan et beaucoup sera fait encore.

Comment peut-on évaluer les chances du candidat du Parti socialiste, Benoît Hamon ?

Benoît Hamon est issu de la gauche du PS mais il fut un soutien de Michel Rocard puis de Lionel Jospin et de Martine Aubry. Il est aujourhui le candidat de la Belle alliance populaire et des socialistes et il bénéficie du réflexe légitimiste de l’électorat socialiste. Il a réduit les chances du candidat de la « France insoumise », Jean-Luc Mélenchon. Mais sera-t-il capable de réduire les chances d’Emmanuel Macron ? Cela est une autre histoire car il ne faut pas simplement séduire la gauche mais la France.

En quoi consistent vos responsabilités actuelles au sein du PS et envisagez-vous une candidature aux prochaines législatives françaises ?

Je suis secrétaire nationale à la Politique industrielle et des entreprises au sein de la direction du Parti socialiste auprès de Jean-Christophe Cambadélis. Mon nom circule pour gérer tout le pôle économie, innovation, travail, économie sociale et solidaire, numérique, tourisme et transport…

Concernant les législatives, je ne me représente pas à la XXe circonscription des Français de l’étranger. Ce serait Daad Naffi, Franco-Libanaise vivant au Liban depuis une dizaine d’années, qui sera candidate. Elle affrontera en juin prochain Alain Marsaud, député Les Républicains sortant. C’est une femme pleine de conviction en qui j’ai confiance pour défendre les intérêts des Français de l’étranger au sein de l’Assemblée nationale.

Concernant ma candidature aux législatives, je fais partie de la short list des femmes du Parti socialiste qui pourraient s’investir aux législatives dans des circonscriptions de gauche. C’est une reconnaissance de mon travail. Mais je garde la tête froide car je sais que tant que ce n’est pas fait rien n’est acquis. Inchallah…

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